Avril 2017 : l’Île Seguin devient la Seine musicale

Prise en sandwich entre Boulogne-Billancourt et Sèvres, dans les Hauts-de-Seine, l’Île Seguin s’apprête à devenir la « Seine musicale ». Cette langue de terre posée sur les eaux de la Seine s’allonge sur 11,5 hectares et doit consacrer 36 500 m² à l’épanouissement d’un complexe culturel, commerçant et de loisirs. Une initiative d’ampleur, parfaitement taillée pour s’inscrire dans la lignée des social places dont nous parlions ici la semaine passée. À compter de son inauguration, le 22 avril 2017, la Seine musicale deviendra une véritable petite ville, à l’Ouest de Paris.

Photo aérienne de l'Île Seguin, en région parisienne.

Par David.Monniaux — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15381339

Une île dédiée à l’art

Une rue de 230 mètres de long bordée de commerces, de restaurants, d’installations de plasticiens et d’expositions ; un auditorium en bois fort de 1150 fauteuils et une salle d’une capacité de 4000 à 6000 places dédiée au spectacle vivant. À venir : un jardin, un dépose-minute, une esplanade et deux passerelles piétonnes qui relieront le tramway T2 et le futur Grand Paris Express – super métro prévu pour 2024 – ainsi qu’un centre d’art contemporain. « Il s’agit d’en faire une destination, pas seulement un lieu de concerts », explique Jean-Luc Choplin, ancien directeur du Théâtre du Châtelet (Paris) et désormais président du Comité de programmation et de Direction artistique de STS Événements — la structure qui gère la Seine musicale.

On attend de ce complexe qu’il joue un rôle de pôle d’attraction pour inciter d’autres investisseurs à s’ancrer sur l’Île Seguin. « Laurent Dumas, le président d’Emerige (l’un des principaux acteurs de l’immobilier en France), doit déposer son permis de construire avant la fin de l’année », a indiqué Pierre-Christophe Baguet, maire de Boulogne-Billancourt, au sujet du R4, le pôle d’art contemporain prévu de l’autre côté de l’île.

Comme son nom l’indique, la Seine musicale fera la part belle à la musique. L’idée : la rendre accessible à tous et la faire vivre sous toutes ses formes, transformer ce lieu en « fête musicale permanente », selon les mots de Choplin. On pourra y écouter du jazz, de la world music, des musiques électroniques, des musiques de jeux vidéo ou venant des îles, des opéras de chambre, des collectifs d’artistes ainsi que des spectacles de création mêlant musique et images.

« Rien ne sera interdit, et tout le monde sera traité à égalité », souligne Jean-Luc Choplin. D’ailleurs, divers formats novateurs feront leur apparition tels que des « sets » – concerts d’environ une heure -, des concerts « flash » d’une vingtaine de minutes ou encore des « battles » d’orchestres et autres festivals d’été, tel que le festival sud-africain avec l’Opéra de Cape Town en juin 2017.

L'Île Seguin, en région parisienne, s'apprête à devenir la Seine musicale.

By Jmdigne – Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=46593050

Une dimension pédagogique

Dans cette structure réalisée par l’architecte japonais Shigeru Ban et son associé français Jean de Gastines, on trouve aussi une série de studios de répétitions et d’enregistrement. Ils permettront à des amateurs soutenus par le Conseil départemental de travailler leur technique.

D’autre part, plusieurs formations musicales seront hébergées sur l’île. On appellera cela des « résidences ». Seront notamment présents la chef d’orchestre Laurence Equilbey et son Insula orchestra (un ensemble d’instruments d’époque créé en 2012 avec le soutien du Conseil départemental des Hauts-de-Seine), mais aussi la Maîtrise des Hauts-de-Seine, chœur d’enfants de l’Opéra de Paris fondé en 1985 et dirigé par Gaël Darchen.

Entre deux représentations, ces formations auront tout le loisir de travailler dans des conditions rêvées. Laurence Equilbey souhaite même mener des actions pédagogiques et numériques, notamment avec les 17-26 ans. On relève aussi la présence d’une Académie musicale dirigée par le contre-ténor Philippe Jaroussky. Elle visera à former d’apprentis musiciens (7-12 ans) ainsi que des artistes classiques (18-25 ans).

La Seine musicale est la première institution culturelle française à faire l’objet d’un partenariat public-privé (PPP). C’est-à-dire qu’une autorité publique – le département des Hauts-de-Seine – a été autorisé à fait appel à des partenaires privés pour financer et gérer un équipement contribuant au service public. Le projet global a donc coûté 170 millions d’euros, dont 120 millions viennent des Hauts-de-Seine.

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